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Le prix d'un plat : la méthode des restaurants rentables.

Beaucoup de restaurants fixent leurs prix en regardant la carte du voisin. Le problème : le voisin a souvent fait pareil, et personne n'a jamais fait le calcul. Pendant ce temps, le beurre, le bœuf et l'énergie augmentent, et les prix ne bougent pas. Voici la méthode en 3 étapes pour fixer un prix qui tient.

Par Elysio, MenuLux · lecture 6 minutes

Étape 1 : le vrai coût, au gramme

Tout commence par la fiche technique : une fiche par plat, avec chaque ingrédient, son poids et son prix d'achat. 120 g de bœuf, 30 g de beurre, la garniture, la sauce, et même l'huile de cuisson. On découvre souvent qu'un plat estimé à 4 € de coût en coûte en réalité près de 6 : les petites choses s'additionnent.

La règle du métier : le coût des matières représente autour de 25 à 30 % du prix de vente hors taxes. Autrement dit, on multiplie le coût par un coefficient de 3,3 à 4. Un plat qui coûte 5,80 € se vend donc entre 19 et 23 € HT.

Étape 2 : le prix que le client accepte

Le calcul ne suffit pas : le client ne connaît pas votre coût, il connaît ce qu'il est prêt à payer. Et ça dépend de 3 choses :

Si votre calcul dit 21 € et votre quartier 17 €, deux options : revoir la recette pour baisser le coût sans que ça se voie, ou donner une raison de payer 21 € (un produit nommé, une origine, un geste). Ce qu'on évite toujours : vendre à perte en espérant se rattraper sur le volume.

Étape 3 : l'architecture des prix

Vos prix se parlent entre eux. Un plat nettement plus cher (une côte à partager, un plat d'exception) se vend peu, mais il rend les autres raisonnables : à côté d'une côte à 58 €, un plat à 24 € paraît sage. Deux détails comptent aussi : pas de prix en ,99 (au restaurant, ça fait supermarché) et le prix après la description, jamais aligné en colonne.

L'effet cumulé

1 € de plus sur un plat vendu 25 fois par jour, 300 jours par an : 7 500 € par an. Pour un euro que personne ne remarque quand le plat le vaut.

L'exercice : 3 plats, ce soir

  1. Prenez votre plat le plus vendu, le plus cher, et votre préféré.
  2. Faites leur fiche technique. Pesez vraiment, une fois.
  3. Divisez le prix hors taxes par le coût. En dessous de 3, le plat travaille pour vos fournisseurs.
  4. Changez un prix à la fois, une semaine à la fois, et regardez les ventes.

Questions fréquentes

Quel coefficient multiplicateur en restauration ?

On vise en général un coût matière de 25 à 30 % du prix de vente hors taxes, soit un coefficient de 3,3 à 4 appliqué au coût du plat. Il varie selon le type de plat et de restaurant.

Comment calculer le coût d'un plat ?

Avec une fiche technique : la liste de chaque ingrédient, son poids dans l'assiette et son prix d'achat au kilo. On additionne, sans oublier les garnitures, sauces et matières grasses.

Faut-il s'aligner sur les prix des concurrents ?

Les prix du quartier indiquent ce que le client est prêt à payer, mais ils ne disent rien de vos coûts. On part de son propre coût, puis on ajuste.

Une carte qui met vos prix en valeur

Le prix après la description, le bon plat en premier, une photo qui donne envie : voyez votre carte refaite. C'est offert.

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