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Carte de restaurant pour touristes : faire commander un client étranger.

Madrid, 9 amis, 9 téléphones ouverts sur une appli de traduction. « Secreto ibérico » devient « secret ibérique ». Personne ne sait ce que c'est, et tout le monde prend des croquettes. Le restaurant n'a perdu aucun client ce soir-là, mais il a perdu tout ce qu'on n'a pas osé commander. Chez vous, ce client vient tous les week-ends.

Par Elysio, MenuLux · lecture 6 minutes

Le plat par dépit

Pendant 2 ans d'études en Espagne, c'était toujours le même scénario : une carte en espagnol, sans photo, des traductions approximatives, une liste d'ingrédients que personne ne comprend. Au bout de 5 minutes, quelqu'un dit « bon, moi je prends un truc simple », et tout le monde suit. On mange bien, mais on ressort sans rien avoir vécu. Et le restaurant n'y est pour rien : sa cuisine méritait mieux que notre traduction.

Chez vous, c'est la même scène

Le couple d'Anglais du samedi midi, la famille allemande en vacances, l'étudiant italien : devant « pied de cochon », « blanquette » ou « île flottante », ils font exactement pareil. Le plat sûr, pas d'entrée, pas de dessert. Deux tables étrangères par service qui dépensent 15 € de moins chacune, c'est 30 € par service, plusieurs milliers d'euros sur une année.

Une carte qu'on ne comprend pas, c'est un film sans sous-titres : on suit l'histoire de loin, et on rate les meilleures scènes.

Les 3 choses qui font commander un client étranger

1. Expliquer le plat, pas traduire les mots

« Secret ibérique » ne veut rien dire. « Secreto ibérico : une pièce de porc ibérique, fondante, grillée minute » donne faim. Gardez le nom original, c'est votre charme ; la description, elle, doit parler la langue du client.

2. Une photo pour chaque plat

La photo, c'est la seule langue que tout le monde lit. On n'a pas besoin de traduire un plat qu'on voit.

3. Dire ce qu'il y a dedans

À l'étranger, la vraie peur n'est pas de mal choisir : c'est de tomber sur un ingrédient qu'on ne mange pas, ou auquel on est allergique sans savoir le dire. Quand les ingrédients et les allergènes sont écrits plat par plat, la peur disparaît, et on commande.

Le papier ou le bouton

Sur papier, une carte en 4 langues, c'est 4 fois plus de pages à imprimer et à tenir à jour. Sur une carte digitale, c'est un bouton : le client choisit sa langue d'un toucher, sans rien installer.

Le test du touriste, ce soir

Ouvrez une appli de traduction en mode appareil photo, visez votre plat signature, et regardez ce qu'il devient. Si ça vous fait rire, ça ne fait pas rire votre client : ça lui fait prendre le plat le plus simple.

Pour aller plus loin : donnez votre carte à quelqu'un qui ne parle pas français et demandez-lui « tu prendrais quoi ? ». S'il hésite plus de 30 secondes, vous avez votre réponse.

Questions fréquentes

Faut-il traduire le nom des plats ?

Pas forcément. Le nom original fait partie de votre identité. Ce qui doit être traduit, c'est la description : ce qu'est le plat, comment il est cuisiné, ce qu'il y a dedans.

En quelles langues traduire sa carte ?

L'anglais au minimum, puis les langues de vos clients les plus fréquents (espagnol, allemand, italien selon votre région). Sur une carte digitale, ajouter une langue ne coûte pas de page en plus.

Une appli de traduction ne suffit-elle pas ?

Elle traduit les mots, pas les plats. « Secreto ibérico » devient « secret ibérique » : c'est juste, et ça ne donne envie à personne.

Votre carte, comme la verrait un client étranger

On vous prépare un aperçu de votre carte, avec ses langues et ses photos. C'est offert.

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